jeudi 25 septembre 2008

FEAR IS A MAN'S BEST FRIEND

On l'a dit, la tomate Sagamie est bel et bien un produit de chez nous. Past tense. Nous l'avions dit, la tomate Sagamie était bel et bien un produit de chez nous. Maintenant, nous l'imprimons en Chine, pour de moindre coûts et des coûts plus chers de transport. La voiture de Dali est silencieuse, dis-moi, je prendrai ta montre pour sa voiture, et nous tournerons dans la pièce, tournerons dans la pièce, comme des bêtes de somme en décomposition sur un trottoir des années 1145.

C'est l'heure des boîtes. Ou non. Qu'en est-il des pensées qui vagabondent sur le chemin de fer? Une, deux, trois idées qui voyagent vers le soleil, où tout peut arriver. Dans un étui profond de lenteur, le cerveau, encore une fois, n'a d'yeux que pour la villa des cent nuages, éteints par un autre silence.

Je laisse aller ma tête, tranquillement, sur le dossier de ma chaise, elle titube, somnole, jusqu'à ne plus être qu'une bassine de morve en putréfaction.

Un déménagement dans une semaine. L'idée m'en vient à dénaturer le symbole même du changement. Quatre.

Amenez la fille! Sur une roche, le mort s'étend pour prendre du soleil et s'entend dire que les UV sont maintenant hors de prix. Si m'en vient à l'esprit de prendre le taureau par les cornes, envoyez-moi une pierre pour décapiter le Minotaure accroché à mon cou. Mérite sourd.

Vrai ou faux.

La nature de mon esprit est à la base une éponge à bruits. Trois cent millions de sons entrent et sortent d'un conduit et y entrent par la même occasion et en sortent tout de même.

Faux.

Un seul son y entre. Celui d'une épave s'échouant sur les bords d'un iceberg, coulant au gré des courants et finissant au fond d'une bassine de lave en fusion, prête à créer de nouveaux continents à peine ébauchés dans la pensée de la Terre.

La Vie.

Le son de la vie se répandant sur trois cent milliards d'années lumières. Le son d'une explosion cosmique dans le cerveau d'un seul être.

Comment établir la relation entre une confusion et une création? Il n'y en a aucune. Pas besoin, c'est la même chose. La confusion de toute chose provoque la création d'une nouvelle perception, celle de la Vue D'Esprit, la liberté d'épanouissement de la pensée, celle qui modèle la réalité et qui en fait ce que chaque être sur Terre perçoit. Non pas une bloc unitaire d'une seule similarité, mais un amalgame de toutes les réalités existantes dans les idées conçues par l'esprit vivant. Vivant non seulement par les êtres pensant, mais aussi par les êtres végétant: la fougère, l'arbre, le joueur de PS3, dans tout cet amoncellement de chaos se fond une seule raison:

La Vie.

Qu'est-ce qui pousse la plante à devenir fleur? Qu'est-ce qui pousse le lièvre à procréer? Qu'est-ce qui pousse l'esprit humain à créer l'art et la guerre? La Vie.

Tout dans un.

Et l'unité dans le tout, comme se plaisent à dire les savants dans les salles du vatican et du pentagone. La raison de tout et la raison d'un qui produisent la Solution Finale. La mort de toute chose.

À moins d'un détournement. Un détournement de la pensée.

Un détournement vers le chaos, la non-unité, la non-forme. Cette forme qui tend à grandir et se répandre, cette forme, il faut la briser et la casser, la fendre en un millier de morceaux et l'envoyer vers trois cent millions de directions différentes. Car cette forme, on ne peut la détruire, on ne peut la changer, on ne peut que la déplacer pour y mettre autre chose (rien ne se perd, rien ne se crée). Cette forme qui modèle le tout vers une unité, il faut la changer et la transformer en une forme d'arrogante multiplicité.

J'en convient, le terme est contradictoire, tout comme l'unité actuelle est en contradiction avec la séparation qui existe actuellement (juste une exemple: les religions principales (christiannisme, judaïsme et Islam qui se battent entre eux pour une simple interprétation du même texte.......... tellement pathétique dans le sens grecque du therme.....). Bref, un réarrangement de la pensée humaine trop filliforme vers une explosion de la perception.

La vision humaine dépasse le simple espace de la matérialité. On pense que la vague nous emporte alors même que c'est nous qui provoquons la vague.

Depuis la mort de Julie, mes pensées se sont dispersées vers les 50 coins de l'horizon. La mort? Non, pas utile. La résignation? Non, manque de tonus. L'acceptation de mon état? Non, trop facile. La croyance en quelque chose de plus haut que moi pouvant me faire avancer? Non, trop à la mode et de toute façon, trop faux par l'exemple (les exemples, en fait....).

Que me reste-t-il, après ce voyage de plus d'un an dans un brouillard? La Vie. Pas celle du tout en un. Pas celle qui pousse les fleurs à pousser et les guêpes alcooliques à piquer le buveur. Non. La Vie, celle qui vogue et se rend compte du temps, celle qui oblitère la corporation et anéantit le manque d'humanité. Celle qui nous embarque sur ces Éléphants inconscients que le fleuve qui coule à leurs pieds n'est pas la même eau que la veille, celle qui entonne le chant de mille femmes en manque d'amour aux lèvres d'un seul homme mûr pour la verdenance.

Et à l'écoute de ce chant: un doigt qui se glisse le long d'un dos souple, un oeil ouvert sur un monde en autodestruction, le pied sur le bord d'une mer qui repose sur un sable jaune et chaud, des jambes brisées par le vent, un été oublié, en mémoire inconsciente sur fond de brumes, et toi, celle ou celui qui lira ces lignes, les yeux dans la nuit, la paume sur une animal robotique...

Je pars bientôt vers l'autre part, celui du retour, celui de l'acceptation de ma condition, finalement, celui des pleurs actuels et futurs, celui de la dure réalité qu'est la perte.

Je pars bientôt vers vous.

Je pars bientôt.

Je pars.

Là-bas.

Là.

Las...

La peur au ventre.
Les larmes aux yeux.